Le Burkina Faso est l’un des pays sahéliens confrontés à la dégradation des sols et les changements climatiques qui réduisent la production agricole. Répartie sur une période de 03 à 04 mois, la saison pluvieuse dans ce pays est souvent marquée par des poches de sècheresse qui limitent la production agricole et accentuent l’insécurité alimentaire des populations vulnérables dont entre autres, les personnes âgées, les personnes handicapées ainsi que les personnes déplacées internes. Pour renforcer la résilience de ces personnes confrontées à l’insécurité alimentaire, Solidar Suisse en collaboration avec ses partenaires locaux l’Association Manegdbzanga (AM) dans la province de l’Oubritenga, l’Association Tind Yalgré (ATY) dans la Province du Kourwéogo et l’Association Beog Neeré udu Ganzourgou (ABNG), fait la promotion de l’agroécologie à travers la combinaison de plusieurs techniques de Conservation des Eaux et des Sols / Défense et Restauration des Sols (CES/DRS) dans la production agricole. Les techniques mises en œuvre sont les cordons pierreux, le Zaï, les Demi-lunes, la fabrication et l’utilisation d’engrais organique tel que le Bokashi. Au delà de l’adoption des techniques CES/DRS, Solidar Suisse lutte contre l’insécurité alimentaire à travers la promotion d’initiatives d’entraide communautaire telles que : le grenier de solidarité, les filets sociaux de sécurité communautaire et l’initiative de financement intercommunautaire (IFIC).
Dans l’optique de s’imprégner de la mise en œuvre des activités et de capitaliser les effets, nous sommes allés à la rencontre des bénéficiaires du projet « Renforcement des Moyens d’existence (Renforce) » qui vient intensifier les acquis du projet PROREMO PV clôturé en décembre 2024.
Découvrir quelques témoignages ici
“Je suis Bangba Joseph TAPSOBA, agent d’agriculture à la retraite, formateur sur les techniques de production agricole. Dans la province du Ganzourgou, la dégradation des sols est accentuée ce qui limite la production agricole. Dans le cadre du projet « Renforce », je forme les producteurs sur la production du compost et l’application des techniques de récupération des terres dégradées CES/DRS telles que : les cordons pierreux, le zaï, les demi-lunes, les bandes enherbées. La formation en cours dans le village de Kanré (province du Ganzourgou) porte sur la lutte antiérosive par la construction des cordons pierreux afin de freiner l’érosion des sols, faciliter l’enrichissement des sols pour augmenter la productivité. A l’issue de la construction des cordons pierreux sur cette superficie de 10 hectares, on répandra du compost Bokashi pour enrichir le sol et cela peut favoriser une production agricole d’environ 40 tonnes à l’issue de la campagne agricole en cours. Les producteurs qui sont en train d’être formés pourront procéder à l’entretien régulier des cordons pierreux pour éviter leur dégradation et cela prolongera les acquis de la formation. Cette formation initiée par Solidar Suisse et son partenaire l’Association Beog Neeré du Ganzourgou répond aux besoins actuels des producteurs régulièrement confrontés à la dégradation des sols qui limite leur production agricole. J’invite les producteurs bénéficiaires de cette formation à partager les connaissances acquises avec d’autres producteurs afin de disséminer les bonnes pratiques agricoles pour assurer la sécurité alimentaire des familles.”
“Je suis PEZONGO Michel, producteur dans le village de Sakouli (Province du Kourwéogo). Dans notre localité, les changements climatiques et l’utilisation abusive des produits chimiques ont appauvri les sols. Depuis quelques années, je constate une baisse de ma production agricole. Sur une superficie d’01 hectare, je récolte à peine 500 kg de sorgho. Avec l’appui de ATY, j’ai été formé sur les techniques CES/DRS telles que : les cordons pierreux, zaï, demi-lune, la production de bokashi). A travers l’adoption de ces techniques, j’espère améliorer ma production pour la campagne agricole en cours.”
Séance de fabrication de l’engrais organique bokashi par des producteurs du village de Sakouli
“Je suis OUEDRAOGO Bibata, membre de la coopérative Songrelabangre de Sakouli (province du Kourwéogo). Notre coopérative existe depuis plus de 10 ans. Nous disposons d’un terrain sur lequel nous produisons du sorgho et du niébé. Ces dernières années, la dégradation des sols et la rareté des pluies limitent notre production agricole. Notre production n’excède plus 400kg à l’hectare. Avec l’appui de ATY, nous avons bénéficié d’une formation sur les techniques CES/DRS, la fabrication du compost qui nous permettra d’améliorer notre production agricole.
Séance de fabrication de l’engrais organique par les femmes membres de la coopérative Songrelabangre de Sakouli
À l’orée de la campagne agricole, les producteurs du village de Sakouli sont à pied d’œuvre pour l’aménagement de leurs champs en zaï avec une application de l’engrais bokashi
“Je suis BONKOUNGOU Noélie/Juliette, productrice d’oignon dans le village de Zongo (province de l’Oubritenga). Je pratique le maraîchage depuis une trentaine d’années. Au début, le maraîchage était pénible et la production était insuffisante. Je n’avais pas de connaissances sur les bonnes techniques, j’avais des difficultés pour conserver ma production. Aujourd’hui, avec l’appui de AM, j’ai été renforcée sur les bonnes techniques de production de l’oignon et j’ai appris à produire du compost que j’utilise dans ma production. Le compost améliore ma production et l’oignon se conserve plus longtemps. La disponibilité du magasin de stockage me permet d’améliorer mes revenus de la production d’oignon. Lorsque je conserve l’oignon, je peux vendre le sac de 50kg à 30.000 FCFA pendant le mois d’Août pourtant à la récolte, pendant le mois d’avril, le sac de 50kg coûte 7500 FCFA.”
Le projet est soutenu par la Direction du Développement et de la Coopération Suisse (DDC) et le LED.