Renforcer les compétences des services techniques déconcentrés et des producteurs modèles pour la mise en place de sites pilotes de production du Pennisetum purpureum, plante fourragère communément appelée « Maralfalfa ». Tel est l’objectif de la formation qui a réuni les 14 et 15 juillet 2022 à Ouagadougou des producteurs modèles et des agents des services départementaux du Ministère de  l’Agriculture, des Ressources Animales et Halieutiques des régions du Nord (communes de Gourcy et de Rambo) et de la Boucle du Mouhoun (commune de Oaurkoye).

Durant 2 jours, les participants ont été outillés sur le protocole technique de production et d’entretien du Maralfalfa. Pour permettre aux participants de mettre en pratiques les connaissances techniques acquises au premier jour et constater de visu les résultats, la deuxième journée de la formation a été mise à profit pour visiter un site de production et d’exploitation du Maralfalfa dans la ville de Koubri.

Séance de démonstration sur la dimension idoine de la tige de bouture du Maralfalf

A l’occasion, les participants ont procédé à la démonstration des différentes étapes de la plantation du Maralfalfa, à savoir : la trouaison, le traitement des trous (poquets) à travers l’engrais organique (FertiBioDur) et le polyter (hydrodétenteur et activateur de croissance d’une durée de vie de 3 à 5 ans sous-sol), ainsi que la plantation des boutures devant germer pour produire le fourrage Maralfalfa (utilisable 6 mois après).

A l’issue de la formation, les participants édifiés par les vertus de la plante et son potentiel apport dans la production fourragère au Burkina Faso, ont confié disséminer les connaissances acquises pour favoriser la vulgarisation de la culture de cette plante dans leurs zones d’intervention.

Une vue de la bouture plantée après traitement du trou à l’engrais organique et Polyter

De l’avis de M. Noël SANDWIDI, agent d’agriculture dans le Zondoma (commune de Gourcy), « la production du Maralfalfa permettra de réduire un tant soit peu les conflits entre agriculteurs et éleveurs dû à la pression démographique et à l’insuffisance de pâturage. Les connaissances acquises au cours de cette formation me permettront en tant qu’agent d’agriculture d’accompagner les producteurs bénéficiaires de sites du projet RESICOM dédiés à cette culture ainsi que d’autres producteurs pour l’adoption et la réussite de la production du Maralfalfa ».

Quant à monsieur Issouf SANGARE, producteur bénéficiaire du site de production du Maralfalfa (0,5 hectare) dans la commune de Ouarkoye, « La culture du Maralfalfa me permettra de disposer de fourrage en qualité et quantité suffisante pour l’alimentation de mon cheptel d’une vingtaine de têtes de bœufs. »

Quelle place du Maralfalfa dans le projet RESICOM ?

De l’avis des Experts, le Maralfalfa est un fourrage avec un très grand rendement (100 à 150t/ha), de grandes valeurs nutritives qui peuvent impulser considérablement l’embouche des animaux et la production laitière. Il peut par ailleurs, être utilisé dans l’agriculture comme engrais vert, brise vent pour la protection des berges et réduit l’ensablement des cours d’eau dans les bas fond aménagés. Bien entretenu, un site de Maralfalfa peut produire du fourrage durant 5 ans.

L’un des axes majeurs du Projet « Renforcement de la résilience communautaire des ménages agrosylvopastoraux dans les régions de la Boucle du Mouhoun et du Nord (RESICOM) » est :apporter des réponses aux besoins des populations hôtes, des PDI, des femmes et des jeunes par des actions de relèvement précoce de 3000 ménages et de renforcement des moyens d’existence de 10 000 ménages vulnérables ». 

Ainsi, pour le renforcement des moyens d’existence, le projet prévoit en plus des activités d’accroissement des productions agricoles, le renforcement de la production animale par la promotion de la culture fourragère. Pour ce faire, il a été initié la culture du Pennisetum purpureum communément appelé « maralfalfa », une espèce fourragère qui sera produite par 04 producteurs modèles identifiés (dont 02 par région). Chaque producteur dispose en effet, d’une superficie de 0.5ha pour la culture du « maralfalfa » sous l’encadrement technique des services déconcentrés en charge de l’agriculture. La mise en place des boutures pour la production du Maralfalfa sur les différents sites des deux régions d’intervention du projet est en cours. A cet effet, 22 000 boutures de Pennisetum purpureum seront distribuées aux producteurs pour soutenir les activités d’élevage et contribuer ainsi à prévenir certains conflits liés à l’insuffisance de pâturage.

Alimentation du bétail avec le Maralfalfa récolté

Selon les propos de M. Dominique LOMPO, Directeur provincial en charge de l’agriculture dans la Boucle du Mouhoun, formateur sur le Maralfalfa, « la production du Maralfalfa peut être une alternative à la sédentarisation des animaux, à la professionnalisation de l’activité de l’élevage et à la réduction des conflits entre agriculteurs et éleveurs autour des ressources naturelles. ». Pour réussir la production du Maralfalfa, il a invité les bénéficiaires à bien respecter les consignes techniques, car de son point de vue, leur réussite servira d’exemple pour l’adoption de la culture par d’autres producteurs.

En rappel, le projet RESICOM est mise en œuvre par le Consortium Solidar Suisse-SOS Sahel International Burkina Faso avec l’appui de partenaires locaux : Organisation Catholique pour le Développement et la Solidarité – Dédougou (OCADES) et la Fédération des Professionnels Agricoles du Burkina – Yatenga (FEPAB). Il est financé par l’ambassade de Danemark au Burkina Faso pour la période 2021-2025.

Photo de famille des participants à l’issue de la formation sur le site de Maralfalfa visité