Au Burkina Faso, selon les résultats du 5e Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH, 2019) 77,9 % de la population a moins de 35 ans. Cette configuration démographique constitue, à moyen et long terme, un important atout pour le développement à condition que les jeunes soient formés et soient intégrés dans le marché du travail. Cependant, la réalité socio-économique du pays est caractérisée par une faiblesse des potentialités d’offres d’emploi alors que les jeunes en âge de travailler voient leur nombre augmenter de manière galopante : La population en âge de travailler est celle âgée de 15 ans ou plus. Elle représente 54,7% de la population globale. Au sein de cette population en âge de travailler, seulement 42,9% sont occupés contre 53,8% de personnes en dehors de la main-d’œuvre. Cette situation est due être entre autres :
- A la faiblesse d’une offre éducative adaptée pour les jeunes ruraux non scolarisés ou exclus du système éducatif et exposés à l’exode rural : la proportion des enfants déscolarisés s’établit à 15,0% au niveau de l’ensemble du pays. Par ailleurs, 39,1% des enfants de 6-16 ans n’ont jamais été à l’école. C’est en milieu rural que la proportion de ces non scolarisés est la plus élevée (46,2% contre 14,9% en milieu urbain) ;
- Au faible accès à la formation professionnelle des jeunes pauvres et vulnérables : En effet la majorité des centres de formation professionnelle sont des ateliers de formation privés et le centre de formation de l’Agence Nationale de la Formation Professionnelle (ANFP). Le niveau de pauvreté des parents, en particulier les paysans, ne leur permet pas de payer le coût d’une formation professionnelle et de prendre en charge les frais inhérents (Hébergement et restauration) afin de permettre à leurs enfants de développer leurs capacités professionnelles. Ainsi les jeunes ont faiblement accès à une formation professionnelle ;
- A la faible capacité entrepreneuriale des jeunes pour un accès à des revenus décents : Un nombre relativement faible des jeunes bénéficient de renforcement de capacités entrepreneuriales, pourtant très utile pour préparer ces jeunes à l’auto-emploi et à créer des emplois pour d’autre jeunes. Ces formations s’adressent très souvent aux jeunes diplômés des universités et donc pas très accessibles à une masse paysanne jeune et pauvre ;
- Au plan sécuritaire, le Burkina Faso est confronté à des attaques terroristes depuis 2016 qui ont occasionné à ce jour plus de 2 millions de personnes déplacées internes : avec les jeunes déscolarisés et au chômage ; – Depuis 2008, le Burkina connait une explosion de l’exploitation aurifère qu’elle soit industrielle ou artisanale. Au lieu d’être une source d’épanouissement pour les jeunes ces sites d’orpaillage traditionnels contribuent à vider les classes de leurs élèves entrainant une baisse du taux de scolarisation dans les zones aurifères.
Pour changer cette donne, Solidar Suisse à travers son programme Economie et Travail œuvre pour améliorer l’accès des jeunes au marché du travail et à des revenus décents. Il s’agit de faciliter l’insertion des jeunes vulnérables dans des métiers porteurs par l’accès à la formation professionnelle, à la formation en entreprenariat et par l’appui à l’installation des micro entreprises.
Dans l’optique d’augmenter les chances de réussite des jeunes bénéficiaires, Solidar Suisse fait recours à des approches innovantes qui contribuent à renforcer la motivation et les aptitudes des jeunes à suivre les formations dispensées et à mieux affronter le marché du travail. Il s’agit de :
- L’établissement d’un plan de suivi-évaluation de la formation avec les maîtres artisans : ce plan de suivi permet aux parties prenantes (atelier de formation et association responsable de mis en œuvre de projet) de s’assurer des avancées réalisées dans l’acquisition des compétences nécessaires et utiles aux jeunes pour leur employabilité ;
- La formation sur des modules portant sur l’éducation financière, le développement personnel et les compétences de vie courante : ces formations visent à outiller les jeunes sélectionnés pour le renforcement de leur état d’esprit et la création d’un environnement propice à leur insertion socio-professionnelle ;
- Le renforcement des entreprises existantes : cette activité consiste à appuyer des entreprises en souffrance appartenant à des anciens bénéficiaires de projet qui éprouvent des difficultés à faire décoller leurs business. A terme, ces entreprises bénéficient d’équipement complémentaires et leurs responsables sont formés sur le développement personnel.